MOTS-c et humanine : les peptides d’origine mitochondriale
Deux peptides codés par l’ADN mitochondrial : séquences, masses, résidus sensibles (Met, Cys, Trp), solubilité et précautions d’analyse et de conservation.
Publié le · 2 min de lecture
La plupart des peptides de recherche dérivent de protéines codées par le génome nucléaire. Le MOTS-c et l’humanine ont une origine inhabituelle : leurs séquences sont codées par de courts cadres de lecture du génome mitochondrial, dans les gènes des ARN ribosomiques 12S et 16S. Ils ont ouvert un champ de recherche, celui des « peptides dérivés des mitochondries » (MDP). Sur le plan chimique, ce sont deux peptides moyens, avec leurs propres difficultés.
MOTS-c
Met-Arg-Trp-Gln-Glu-Met-Gly-Tyr-Ile-Phe-Tyr-Pro-Arg-Lys-Leu-Arg
| Propriété | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 16 résidus |
| Formule | C101H152N28O22S2 |
| Masse molaire | 2 174,6 g/mol |
| Origine | Cadre de lecture de l’ARNr 12S |
| Résidus sensibles | 2 Met, 1 Trp |
| Charge nette à pH 7 | ≈ +3 |
Le MOTS-c est basique (trois arginines, une lysine) et aromatique (un tryptophane, deux tyrosines, une phénylalanine). Conséquences :
- soluble dans l’eau, mieux encore à pH légèrement acide ;
- quantifiable à 280 nm : ε ≈ 5 500 + 2 × 1 490 = 8 480 M⁻¹·cm⁻¹ (voir détection UV) ;
- sensible à l’oxydation : deux méthionines et un tryptophane. Les formes +16 et +32 Da sont les impuretés de dégradation attendues.
Humanine
Met-Ala-Pro-Arg-Gly-Phe-Ser-Cys-Leu-Leu-Leu-Leu-Thr-Ser-Glu-Ile-Asp-Leu-Pro-Val-Lys-Arg-Arg-Ala
| Propriété | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 24 résidus |
| Formule (monomère) | C119H204N34O32S2 |
| Masse molaire | 2 687,3 g/mol |
| Origine | Cadre de lecture de l’ARNr 16S |
| Résidus sensibles | 1 Met, 1 Cys libre |
| Particularité | Bloc de quatre leucines (Leu9–Leu12) |
L’humanine combine un cœur très hydrophobe (LLLL) et des extrémités chargées. Elle a tendance à s’agréger à forte concentration et à s’adsorber sur les surfaces. Sa cystéine libre peut former un dimère par pont disulfure au contact de l’air (masse 2M − 2 ≈ 5 372 Da ; voir Ponts disulfure).
Analyse
| MOTS-c | Humanine | |
|---|---|---|
| Colonne | C18, 300 Å conseillé | C18 ou C8, 300 Å |
| Ions ESI | [M+3H]³⁺ ≈ 725, [M+4H]⁴⁺ ≈ 544 | [M+3H]³⁺ ≈ 896, [M+4H]⁴⁺ ≈ 672 |
| Impuretés typiques | Met-sulfoxyde (+16), délétions | Dimère, Met-sulfoxyde, délétions de Leu |
| Détection | 214 et 280 nm | 214 nm (pas de Trp ni Tyr) |
Une délétion d’une leucine dans le bloc LLLL de l’humanine (−113 Da) est l’impureté de synthèse la plus difficile à séparer : elle justifie une méthode HPLC à gradient lent et une identité MS systématique (voir Impuretés peptidiques).
Conservation
- Poudre lyophilisée à −20 °C, à l’abri de la lumière.
- Solutions préparées dans un solvant dégazé, aliquotées et congelées à −80 °C (voir −20 °C ou −80 °C).
- Pour l’humanine, préférer les tubes à faible adsorption et des concentrations de solution mère modérées.
Dans le catalogue
Le MOTS-c (10 et 40 mg) et l’humanine (5 et 10 mg) appartiennent à la famille Mitochondriaux et cofacteurs, aux côtés du NAD+, du NMN et du glutathion, traités dans NAD+, NMN et glutathion.