CJC-1295 sans DAC, sermoréline, ipamoréline : comparaison structurale
Analogues de la GHRH (1-29) et pentapeptide ligand du GHS-R1a : séquences, substitutions, résidus non naturels, masses et analyse de trois peptides souvent confondus.
Publié le · 3 min de lecture
Trois peptides de la famille Analogues GHRH et ghréline sont souvent cités ensemble. Ils n’appartiennent pourtant pas à la même classe chimique : deux sont des analogues de 29 résidus de la GHRH, le troisième un pentapeptide riche en résidus non naturels. Comparaison sous l’angle de la structure.
La GHRH (1-29) et ses analogues
L’hormone de libération de l’hormone de croissance humaine (GHRH) compte 44 résidus. Ses 29 premiers suffisent à la liaison au récepteur, d’où l’intérêt du fragment (1-29) amidé.
Sermoréline : c’est la GHRH (1-29)-NH2 elle-même.
YADAIFTNSYRKVLGQLSARKLLQDIMSR-NH2
CJC-1295 sans DAC (aussi appelé modified GRF 1-29) : la même séquence avec quatre substitutions destinées à la rendre plus résistante aux peptidases :
| Position | Sermoréline | CJC-1295 sans DAC | Raison |
|---|---|---|---|
| 2 | Ala | D-Ala | Bloque la dipeptidyl peptidase IV |
| 8 | Asn | Gln | Supprime un site de désamidation (Asn-Ser) |
| 15 | Gly | Ala | Stabilise l’hélice |
| 27 | Met | Leu | Supprime un site d’oxydation |
YaDAIFTQSYRKVLAQLSARKLLQDILSR-NH2 (a = D-Ala)
Comparaison chiffrée
| Sermoréline | CJC-1295 sans DAC | Ipamoréline | |
|---|---|---|---|
| Longueur | 29 résidus | 29 résidus | 5 résidus |
| Formule | C149H246N44O42S | C152H252N44O42 | C38H49N9O5 |
| Masse molaire | 3 357,9 g/mol | 3 368,0 g/mol | 711,9 g/mol |
| Méthionine | Oui (Met27) | Non | Non |
| Résidus non naturels | Aucun | D-Ala | Aib, D-Nal, D-Phe |
| C-terminal | Amide | Amide | Amide |
L’écart de masse entre sermoréline et CJC-1295 sans DAC (+10,1 Da) résume les quatre substitutions : il suffit en spectrométrie de masse à distinguer les deux peptides, qui ont par ailleurs des temps de rétention proches.
L’ipamoréline : un pentapeptide d’une autre classe
Aib-His-D-2-Nal-D-Phe-Lys-NH2
L’ipamoréline n’a rien à voir avec la GHRH : c’est un ligand synthétique du récepteur GHS-R1a (récepteur de la ghréline). Trois de ses cinq résidus sont non naturels : l’acide α-aminoisobutyrique (Aib), la D-2-naphtylalanine et la D-phénylalanine (voir Acides aminés non naturels). Le naphtyle la rend fortement hydrophobe et lui donne une absorbance UV marquée vers 280 nm.
« Avec DAC » et « sans DAC »
Le DAC (drug affinity complex) est un groupement maléimide fixé sur une lysine C-terminale ajoutée, qui permet au peptide de se lier de façon covalente à l’albumine. Le CJC-1295 avec DAC est donc une molécule différente, plus lourde, de comportement analytique distinct. Notre catalogue ne propose que la forme sans DAC.
Analyse
- Peptides de 29 résidus : colonne C18 à pores larges (300 Å), gradient lent. Impuretés attendues : délétions, et pour la sermoréline la forme Met(O) (+16 Da).
- Ipamoréline : petite, hydrophobe, bien retenue ; attention aux épimères (D/L) qui ont la même masse.
- Mélange CJC-1295 + ipamoréline : les deux composants se séparent sans difficulté (masses et rétentions très différentes), ce qui permet de vérifier la composition 5 + 5 mg (voir Analyser un mélange lyophilisé).
À noter
Ces trois composés figurent sur la liste des interdictions du Code mondial antidopage. Ce sont des réactifs de laboratoire ; nous ne fournissons aucune indication d’utilisation.
Formats : CJC-1295 sans DAC, sermoréline et ipamoréline en 5 et 10 mg.