Épithalon et Pinéalon : chimie de deux peptides courts
Ala-Glu-Asp-Gly et Glu-Asp-Arg : structure, charge, masse, comportement en HPLC et conservation de l’Épithalon et du Pinéalon, deux peptides de la série Khavinson.
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L’Épithalon et le Pinéalon sont les deux peptides les plus étudiés de la série des biorégulateurs courts. Le premier est un tétrapeptide, le second un tripeptide ; tous deux reposent sur le noyau Glu-Asp. Cet article les compare sous l’angle de la chimie et de l’analyse.
Fiches d’identité
| Épithalon | Pinéalon | |
|---|---|---|
| Séquence | Ala-Glu-Asp-Gly | Glu-Asp-Arg |
| Code | AEDG | EDR |
| Formule | C14H22N4O9 | C15H26N6O8 |
| Masse molaire | 390,3 g/mol | 418,4 g/mol |
| CAS | 307297-39-8 | — |
| Charge nette à pH 7 | ≈ −2 | ≈ −1 |
| Résidus aromatiques | Aucun | Aucun |
L’Épithalon (aussi orthographié epitalon) a été conçu comme l’analogue synthétique d’un extrait peptidique d’épiphyse, l’épithalamine. Le Pinéalon appartient à la même famille de séquences construites autour de Glu-Asp.
Deux peptides très polaires
Chacun porte deux carboxyles latéraux (Glu, Asp) en plus du carboxyle C-terminal. L’Épithalon, sans résidu basique autre que l’amine N-terminale, est nettement acide. Le Pinéalon compense une partie de ses charges négatives par une arginine C-terminale.
Conséquences pratiques :
- solubilité excellente dans l’eau, sans additif ;
- rétention HPLC très faible : une colonne C18 compatible 100 % aqueux et un départ de gradient à 0 % d’acétonitrile sont nécessaires pour les retenir suffisamment ;
- détection uniquement dans l’UV lointain (205–220 nm), faute de chromophore aromatique.
Le Pinéalon, grâce à son arginine, est un peu plus retenu en présence de TFA (appariement d’ions) ; les deux peptides se séparent sans difficulté dans la même analyse.
Identité en spectrométrie de masse
Les ions attendus en ESI positif :
- Épithalon : [M+H]⁺ ≈ 391,1 (monoisotopique 390,14) ;
- Pinéalon : [M+H]⁺ ≈ 419,2, [M+2H]²⁺ ≈ 210,1 grâce à l’arginine.
Attention aux isomères : l’Épithalon (AEDG) et une permutation comme GEDA ou AGDE ont exactement la même masse. Seul l’ordre d’élution comparé à un étalon, ou une fragmentation MS/MS, confirme la séquence.
Stabilité
Sans méthionine, cystéine ni asparagine, les deux peptides échappent aux voies de dégradation les plus rapides. Deux réactions restent possibles en solution :
- pour le Pinéalon, le glutamate N-terminal peut se cycliser en pyroglutamate (−18 Da), surtout en milieu acide et à chaud ;
- pour l’Épithalon, le motif Asp-Gly est le site classique de formation d’aspartimide (−18 Da) puis d’isoaspartate, en solution à pH neutre ou basique.
Sous forme lyophilisée à −20 °C, ces réactions sont négligeables. En solution, préférez des aliquots congelés (voir Aliquotage et cycles congélation-décongélation).
Le reste de la série
L’Épithalon partage son motif Ala-Glu-Asp avec le Cartalax, le Cardiogen et le Cortagen ; le Pinéalon partage le noyau Glu-Asp avec le Chonluten et l’Ovagen. La série complète est présentée dans Biorégulateurs de Khavinson : panorama.
Formats
Épithalon en 10 et 50 mg, Pinéalon en 10 et 20 mg, dans la famille Thymiques et biorégulateurs.