Teneur nette en peptide : 10 mg de poudre, combien de peptide ?
Eau résiduelle, contre-ions, sels : pourquoi la masse de peptide dans un flacon diffère de la masse de poudre, et comment la teneur nette se mesure.
Publié le · 3 min de lecture
Un flacon étiqueté « 10 mg » ne contient pas forcément 10 mg de peptide pur. La poudre lyophilisée contient aussi de l’eau, des contre-ions et parfois des sels. La teneur nette en peptide (net peptide content, NPC) mesure cette fraction réelle. Elle est souvent confondue avec la pureté HPLC ; ce sont pourtant deux grandeurs indépendantes.
Pureté et teneur : deux questions différentes
- La pureté HPLC répond à : parmi les composés peptidiques détectés en UV, quelle part est le bon peptide ?
- La teneur nette répond à : dans la masse de poudre pesée, quelle part est du peptide (quel qu’il soit) ?
Un peptide peut être pur à 99 % et ne représenter que 80 % de la masse de poudre. Les deux chiffres se multiplient :
masse de peptide cible = masse de poudre × teneur nette × pureté HPLC
Avec 10 mg de poudre, une teneur nette de 85 % et une pureté de 99 %, on obtient 8,4 mg de peptide cible.
Ce qui n’est pas du peptide
L’eau. Une poudre lyophilisée retient quelques pour cent d’eau liée, davantage si elle a été exposée à l’air humide. Elle se mesure par titrage Karl Fischer.
Les contre-ions. Chaque charge positive du peptide (N-terminal, lysines, arginines, histidines protonées) est accompagnée d’un anion : trifluoroacétate (114 Da) ou acétate (59 Da). Un peptide riche en résidus basiques en porte beaucoup : le LL-37, avec ses 11 lysines et arginines, peut contenir plus de 20 % de contre-ions en masse. À l’inverse, un peptide acide comme le BPC-157 en porte peu. Voir TFA ou acétate : ce que le contre-ion change.
Les sels et excipients. Rarement présents dans les peptides de recherche, ils sont courants dans certaines préparations (mannitol, chlorure de sodium) et doivent alors être déclarés.
Comment la teneur se mesure
- Analyse des acides aminés (AAA). Le peptide est hydrolysé en acides aminés, qui sont quantifiés. C’est la méthode de référence, précise mais coûteuse.
- Analyse élémentaire de l’azote. Le pourcentage d’azote mesuré, comparé à celui de la formule, donne la part de peptide. Rapide, mais sensible aux impuretés azotées.
- Quantification UV contre un étalon. En HPLC, l’aire du pic est comparée à celle d’un étalon de teneur connue. C’est ce que certains laboratoires appellent « contenu » ou « quantité mesurée » sur leurs rapports.
Ce que cela change au laboratoire
Pour une solution mère de concentration exacte, la teneur compte. Si le rapport du lot indique un contenu mesuré (par exemple « 10,21 mg » pour un flacon de 10 mg), c’est ce chiffre qu’il faut utiliser dans le calcul, pas l’étiquette. La méthode de calcul est détaillée dans Calculer la concentration d’une solution mère.
Pour un peptide portant un résidu aromatique, la concentration réelle peut aussi se vérifier par absorbance à 280 nm, ce qui contourne la question de la teneur (voir Détection UV à 214 et 280 nm). Ce n’est pas possible pour le BPC-157 ou le KPV, dépourvus de tryptophane et de tyrosine.
Peser une poudre lyophilisée
Peser quelques milligrammes de poudre lyophilisée est délicat : la poudre est électrostatique, hygroscopique, et une balance au 0,1 mg donne une incertitude de plusieurs pour cent sur 5 mg. C’est pourquoi on préfère dissoudre tout le contenu du flacon dans un volume connu plutôt que de prélever une fraction de poudre.
Sur nos rapports
Quand le laboratoire mesure le contenu du flacon, la valeur figure sur la page du lot, à côté de la pureté et de l’identité MS. Les rapports sont rassemblés dans notre bibliothèque ; leur lecture est expliquée dans Lire un certificat d’analyse.
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