Mettre en solution un peptide lyophilisé : méthode de laboratoire
Équilibrer le flacon, choisir le solvant, ajouter le liquide le long de la paroi, ne pas agiter : la méthode pas à pas pour préparer une solution mère de peptide.
Publié le · 3 min de lecture
La mise en solution est l’étape où un peptide lyophilisé, stable depuis des mois, devient vulnérable. Quelques gestes simples évitent de perdre une partie du produit ou d’en fausser la concentration. Voici la méthode que nous recommandons pour une solution mère destinée à des essais in vitro ou à l’analyse.
Avant d’ouvrir
- Consulter la fiche et le rapport du lot. Masse annoncée, contenu mesuré si disponible, solubilité attendue.
- Laisser le flacon revenir à température ambiante (20 à 30 minutes) s’il sort du congélateur. Une poudre froide condense l’humidité de l’air à l’ouverture.
- Faire tomber la poudre au fond. Un léger tapotement, ou quelques secondes de centrifugation à faible vitesse, ramène la poudre dispersée sur la paroi ou le bouchon.
Choisir le solvant
La séquence dicte le solvant. Une règle simple, fondée sur la charge nette à pH 7 (voir pH, charge nette et point isoélectrique) :
| Profil du peptide | Premier essai |
|---|---|
| Charge nette positive (riche en Lys, Arg) | Eau ; si trouble, eau acétique 0,6 % |
| Charge nette négative (riche en Asp, Glu) | Eau ou tampon légèrement basique |
| Peu chargé, hydrophobe, lipopeptide | Petit volume de DMSO, puis dilution aqueuse |
| Peptide de cuivre | Eau, pH neutre, sans chélatant |
Pour un usage répété du même flacon, l’eau bactériostatique limite la prolifération microbienne ; pour un usage unique ou un essai sensible à l’alcool benzylique, l’eau stérile. Le détail est dans Eau bactériostatique : composition et usage.
Ajouter le solvant
- Travailler proprement : surface désinfectée, idéalement sous un poste de sécurité microbiologique pour les solutions destinées à la culture cellulaire.
- Désinfecter le septum à l’alcool isopropylique, laisser sécher.
- Prélever le volume calculé (voir Calculer la concentration d’une solution mère).
- Laisser couler le solvant le long de la paroi, pas directement sur la poudre.
- Ne pas agiter vigoureusement. Faire tourner doucement le flacon entre les doigts ou le laisser reposer quelques minutes. L’agitation forte crée de la mousse et favorise l’agrégation aux interfaces air-liquide.
La plupart des peptides courts se dissolvent en moins d’une minute. Une solution limpide et incolore est attendue ; les peptides de cuivre donnent une solution bleue.
Si la solution reste trouble
- Attendre quelques minutes, puis un bref passage au bain à ultrasons (quelques secondes, eau froide).
- Ajuster le pH selon la charge du peptide (acide acétique dilué pour un peptide basique).
- Pour un peptide hydrophobe, reprendre la méthode de Solubiliser un peptide hydrophobe.
Ne jamais chauffer franchement : au-delà de 40 °C, on accélère la dégradation.
Après la mise en solution
- Étiqueter : nom, lot, concentration, solvant, date.
- Aliquoter immédiatement les volumes d’usage unique, dans des tubes à faible adsorption ou des flacons stériles (voir Aliquotage).
- Conserver au réfrigérateur pour quelques jours, au congélateur au-delà.
- Si une stérilité est requise, filtrer sur 0,22 µm (voir Filtration stérilisante).
Erreurs fréquentes
- Ouvrir un flacon froid : la poudre devient collante.
- Injecter le solvant en jet sur la poudre : mousse, pertes sur le bouchon.
- Agiter au vortex un peptide long : agrégation.
- Conserver la solution mère dans le flacon d’origine et la congeler-décongeler à chaque essai.
Ces règles s’appliquent à tous les peptides du catalogue, du BPC-157 aux peptides longs comme la thymosine β4.
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