Anatomie d’un flacon : verre borosilicaté, bouchon butyle, sertissage
Verre de type I, bouchon en caoutchouc butyle, capsule aluminium flip-off : pourquoi chaque élément du flacon protège un peptide lyophilisé, et que vérifier à réception.
Publié le · 3 min de lecture
Un peptide lyophilisé n’est stable que tant que son flacon reste étanche à l’humidité et à l’air. Le conditionnement n’est donc pas un détail : c’est la moitié de la conservation. Voici les trois éléments d’un flacon de laboratoire standard, et ce qu’il faut vérifier quand on le reçoit.
Le verre : borosilicaté de type I
La Pharmacopée européenne classe les verres pharmaceutiques en types I à III selon leur résistance hydrolytique, c’est-à-dire la quantité d’alcalins (sodium surtout) qu’ils libèrent au contact de l’eau.
| Type | Composition | Résistance hydrolytique | Usage |
|---|---|---|---|
| I | Borosilicaté | Élevée | Préparations sensibles, lyophilisats |
| II | Sodocalcique traité en surface | Moyenne | Solutions acides ou neutres |
| III | Sodocalcique | Faible | Poudres sèches peu sensibles |
Le verre borosilicaté de type I libère très peu d’ions, résiste aux chocs thermiques de la lyophilisation et ne modifie pas le pH d’une solution. C’est le standard pour les peptides.
Un flacon de 3 mL (format 2R ou équivalent) est adapté aux masses de 5 à 50 mg : assez de volume pour la mise en solution, assez peu d’espace de tête pour limiter l’air et l’humidité.
Le bouchon : caoutchouc butyle
Le bouchon en caoutchouc bromobutyle ou chlorobutyle est peu perméable à la vapeur d’eau et à l’oxygène, et libère peu de composés extractibles. Les bouchons de lyophilisation ont une forme particulière : deux « jambes » permettent de les poser à moitié enfoncés pendant le séchage, la vapeur s’échappant par les fentes, puis de les enfoncer complètement sous vide ou sous azote en fin de cycle (voir Lyophilisation).
Le bouchon est aussi un septum : on le traverse avec une aiguille fine pour introduire le solvant ou prélever la solution, sans ouvrir le flacon. Un bon septum se referme après ponction.
La capsule : aluminium serti et flip-off
La capsule en aluminium est sertie (crimped) sous la bague du col : elle maintient le bouchon comprimé et rend toute ouverture visible. Le disque flip-off en plastique coloré protège la zone de ponction jusqu’au premier usage ; une fois retiré, il ne se remet pas.
Chez Auptide, la couleur du disque correspond à la famille chimique du produit, ce qui facilite le rangement d’un congélateur partagé.
L’étiquette
Une étiquette utile porte au minimum : le nom du produit, la masse, la forme (poudre lyophilisée, solution), le numéro de lot, la mention d’usage et les conditions de conservation. Le numéro de lot relie le flacon à son rapport d’analyse (voir Numéro de lot et traçabilité).
Que vérifier à réception
| Point | Attendu | Si non conforme |
|---|---|---|
| Capsule | Sertie, sans jeu, disque flip-off en place | Ne pas utiliser, signaler |
| Verre | Intact, sans fêlure | Ne pas utiliser, signaler |
| Poudre | Blanche (bleue pour les peptides de cuivre), sèche | Poudre collante ou liquide : reprise d’humidité |
| Étiquette | Lisible, numéro de lot présent | Signaler |
Une galette brisée ou une poudre dispersée sur la paroi après le transport est normale (voir Transport des peptides lyophilisés).
Flacons vides pour le laboratoire
Pour répartir une solution mère en volumes plus importants que des microtubes, les flacons stériles sertis de 3 mL reprennent les mêmes matériaux : verre de type I, bouchon butyle, capsule flip-off. Associés à l’eau stérile, ils permettent de préparer des aliquots stériles (voir Aliquotage).
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