Complexes cuivre(II)–peptide : la chimie de GHK et AHK
Sites de coordination, stœchiométrie, constante de stabilité, couleur, effet du pH : la chimie de coordination des tripeptides GHK et AHK avec le cuivre(II).
Publié le · 3 min de lecture
Les peptides de cuivre ne sont pas de simples mélanges d’un peptide et d’un sel de cuivre : ce sont des complexes de coordination définis, où l’ion Cu²⁺ est lié à plusieurs atomes du peptide. Comprendre cette chimie explique leur couleur, leur stabilité et leurs contraintes d’analyse.
Le cuivre(II) et ses ligands
L’ion Cu²⁺ (configuration d⁹) forme préférentiellement des complexes plan-carrés, avec quatre atomes donneurs dans un plan et parfois un ou deux ligands plus faibles au-dessus et en dessous. Avec les peptides, les donneurs sont :
- l’amine N-terminale ;
- les azotes des liaisons amide, une fois déprotonés ;
- l’imidazole de l’histidine ;
- les carboxylates, plus faibles.
Le motif GHK et AHK
Dans le GHK-Cu (Gly-His-Lys) et l’AHK-Cu (Ala-His-Lys), le cuivre est chélaté par trois azotes du peptide :
- l’amine N-terminale du premier résidu (Gly ou Ala) ;
- l’azote amide déprotoné de la liaison Gly–His (ou Ala–His) ;
- l’azote de l’imidazole de l’histidine.
La quatrième position est occupée par un carboxylate, une molécule d’eau ou un ligand d’un second peptide. La lysine C-terminale ne participe pas : sa chaîne latérale reste libre et chargée.
Stœchiométrie et formule
Le complexe de référence est 1:1. La déprotonation de l’amide et de l’amine coordinée libère deux protons, d’où la formule :
GHK (C14H24N6O4) + Cu²⁺ − 2 H⁺ → GHK-Cu (C14H22CuN6O4), 401,9 g/mol
À fort excès de peptide, des espèces 1:2 peuvent se former ; à excès de cuivre, du cuivre libre ou faiblement lié subsiste. Un lot bien préparé vise le rapport 1:1.
La stabilité dépend du pH
| pH | Espèce dominante |
|---|---|
| < 3 | Cuivre libre et peptide protoné : complexe dissocié |
| 4 – 6 | Complexes partiels |
| 6,5 – 8 | Complexe 1:1 plan-carré, bleu |
| > 10 | Hydroxo-complexes, risque de précipitation |
C’est pourquoi les peptides de cuivre se mettent en solution dans l’eau neutre, pas dans l’eau acidifiée (voir Eau acidifiée à l’acide acétique), et pourquoi les tampons chélatants (EDTA, citrate) sont à éviter : ils arrachent le cuivre au peptide.
La couleur
Les complexes Cu(II)-peptide absorbent dans le visible, vers 525–600 nm selon le nombre d’azotes coordinés : plus il y a d’azotes, plus la bande se déplace vers le bleu et plus la solution paraît violacée. La poudre de GHK-Cu va du bleu au bleu-violet. Une spectrophotométrie visible permet de suivre la formation du complexe et de détecter une dissociation.
Analyse
- HPLC : la phase mobile acide (TFA 0,1 %) dissocie en partie le complexe. On analyse donc souvent le ligand, et la pureté rapportée est celle du peptide.
- MS : en conditions douces, l’ion du complexe est visible avec la signature isotopique du cuivre (⁶³Cu/⁶⁵Cu, 69/31 %).
- Teneur en cuivre : par spectrométrie d’absorption atomique ou ICP, pour vérifier le rapport 1:1.
Les références du catalogue
| Produit | Rôle |
|---|---|
| GHK-Cu | Complexe de référence |
| AHK-Cu | Analogue à alanine N-terminale |
| GHK (tripeptide-1) | Ligand libre, pour préparer le complexe ou servir de témoin |
| Carnosine | Dipeptide à histidine, autre chélateur du cuivre classique |
La comparaison détaillée des deux complexes est dans GHK-Cu ou AHK-Cu. Les deux appartiennent à la famille des peptides de cuivre.
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